Se nos deben las imágenes de Bin Laden: el contracampo de la imagen en la Casa Blanca

Pourquoi la photo de Ben Laden est due

Mercredi 4 mai 2011

Par André Gunthert



Laissons gémir ceux qui fustigent d’avance le voyeurisme occidental. Qui a envie de voir la tronche explosée de Ben Laden? Cette image-là appartient aux corpus spécialisés, imagerie médicale ou images de guerre, qui provoquent un haut le cœur chez n’importe qui d’autre que ceux qui en usent par fonction. Pas la peine d’ergoter: cette image-là, personne ne veut vraiment l’apercevoir. Nous préférons tous une vision plus apaisée d’un monde dont nous n’aimons pas qu’on nous pointe les noirceurs.

Oui mais voilà, depuis lundi, où l’on apprenait la nouvelle de la mort du terroriste, habilement camouflée dans les brumes de la stylisation infographique (ci-dessus), nous avons vu d’autres images. Celles, nettoyées de toute présence humaine, de l’immeuble dévasté. Et surtout celle, si belle, théâtrale, des chefs de guerre pris sur le vif, au cœur de l’action. Cette vision qu’on a aperçu cent fois – allo la Lune, ici Houston –, de l’attention angoissée des commandants face au spectacle d’une action dangereuse est habituellement une image qui en appelle une autre: une image qui n’existe que sous la forme d’un contrechamp et qui désigne comme un miroir le point focal de l’événement (ci-dessous).

Cette image-là change tout, parce qu’elle apporte la preuve de quelque chose qu’on n’avait pas forcément envie de savoir, mais dont on ne pourra plus désormais se départir. Ils ont vu. L’image existe.

A partir de là, qu’on le veuille ou non, l’image est due. Faute de quoi, on se retrouve dans le schéma de la censure la plus classique, où ceux qui ont vu décident pour le bien de ceux qui ne verront pas. Un tel paternalisme est intenable. Nous préfèrerions qu’on nous épargne la vision du cadavre, mais la démocratie n’est pas un théâtre de marionnettes pour enfants sages. A partir du moment où l’image existe, il n’y a pas d’autre solution que de la montrer.

D’un point de vue politique, différer sa diffusion a été une grave erreur. Plus l’attente s’allonge, plus les rédactions piaffent, plus la pression monte. Au lieu de noyer la vision affreuse d’un corps défiguré dans la liesse de la nouvelle de l’exécution, on est en train de faire de cette photo refusée un événement d’image autonome. Même absente, elle contredit le scénario d’un raid impeccable. Même absente, elle est au centre des conversations et alimente déjà l’imaginaire. Il est inévitable qu’elle soit publiée. Le plus tôt sera le mieux.

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